La Maison Blanche reconnaît avoir cité de faux renseignements sur les armes irakiennes
LE MONDE | 09.07.03 | 13h32
La transaction entre Bagdad et le Niger pour l'achat d'uranium, information jugée douteuse par la CIA mais utilisée par l'administration Bush, n'a pas eu lieu.
New York de notre correspondant
Pour la première fois, la Maison Blanche a reconnu, mardi 8 juillet, que des informations utilisées pour justifier la guerre contre l'Irak étaient inexactes. "Nous savons maintenant que des documents décrivant une transaction d'uranium entre l'Irak et le Niger étaient faux", a déclaré Michael Anton, porte-parole du président.
Le 28 janvier, lors de son discours sur l'état de l'Union, George Bush avait, devant le Congrès, accusé Bagdad d'avoir relancé son programme nucléaire. "Le gouvernement britannique a appris que Saddam Hussein a récemment cherché d'importantes quantités d'uranium en Afrique", avait-il déclaré. Le même mois, Donald Rumsfeld, le secrétaire à la défense, et Condoleezza Rice, la conseillère à la sécurité nationale, reprenaient l'argument. Il figure aussi dans un résumé des accusations américaines contre l'Irak publié au même moment par le département d'Etat.
"Il s'agit d'un aveu très important", a déclaré, mardi soir, Tom Daschle le numéro un démocrate au Sénat. "C'est la reconnaissance que de fausses informations nous ont été données. Il s'agit d'une raison supplémentaire pour qu'une enquête sur l'ensemble des faits soit lancée", a-t-il ajouté. "La crédibilité de George Bush est de plus en plus mise en cause", a affirmé le sénateur Bob Graham, candidat à l'investiture démocrate à la présidentielle.
L'affaire de l'uranium est, de loin, celle qui a provoqué les débats les plus vifs aux Etats-Unis. Elle a conduit, il y a un mois, à une passe d'armes sans précédent, par médias interposés, entre la CIA et la Maison Blanche, qui se sont rejeté la responsabilité de l'utilisation de l'information.
POSITION INTENABLE
Le renseignement a émané, à la fin de l'année 2001, des services secrets italiens et a suivi le parcours des milliers de documents échangés en permanence par les services secrets occidentaux. Il est apparu pour la première fois publiquement dans un rapport sur les armes irakiennes remis, le 24 septembre 2002, par le premier ministre anglais Tony Blair. Dès février 2002, onze mois avant le discours sur l'état de l'Union, la CIA savait qu'il était douteux et l'agence affirme avoir fait part de ses soupçons, ce que la Maison Blanche conteste. "Peut-être quelqu'un, au cÅur de l'agence, était-il au courant, mais personne, à notre niveau, ne soupçonnait qu'il s'agissait de faux le 28 janvier", a affirmé Condoleezza Rice sur la chaîne de télévision NBC le 8 juin.
La position de la Maison Blanche est devenue intenable après les révélations de Joseph Wilson, ancien ambassadeur américain au Gabon sous la présidence de George Bush père. M. Wilson a été envoyé au Niger en février 2002, par la CIA, afin de vérifier que ce pays avait été approché, en 2000, pour vendre de l'oxyde d'uranium à Bagdad. "Il ne m'a pas fallu beaucoup de temps pour me rendre compte qu'il était hautement improbable qu'une telle transaction ait jamais eu lieu", écrivait-il dans un article publié, le 6 juillet, par le New York Times.
BEAUCOUP DE QUESTIONS
Le diplomate a rencontré le président du Niger et plusieurs membres de l'administration dont certains furent prétendument associés à la vente. Les preuves, notamment des lettres entre agents irakiens et membres du gouvernement du Niger, ont été grossièrement fabriquées, les noms et les dates ne correspondant pas. Selon M. Wilson, l'administration était informée au plus haut niveau de ces doutes, y compris le cabinet du vice-président Dick Cheney. "De deux choses l'une, ou le gouvernement dispose d'informations qu'il n'a pas partagées avec le public ou, il a sélectionné des faits et des renseignements afin de soutenir une décision qui avait déjà été prise, celle de faire la guerre", explique-t-il.
Il reste encore, dans cette affaire, beaucoup plus de questions que de réponses. Comment se fait-il que les doutes sur l'information ne soient pas parvenus jusqu'au cabinet du président et aux auteurs de son discours sur l'état de l'Union ? A peine quelques jours plus tard, Colin Powell, le secrétaire d'Etat, a en tout cas refusé de l'utiliser lors de sa présentation du 5 février devant le Conseil de sécurité de l'ONU.
Enfin, qui a fabriqué les fausses preuves, et pourquoi ?
Eric Leser
LE MONDE | 09.07.03 | 13h32
La transaction entre Bagdad et le Niger pour l'achat d'uranium, information jugée douteuse par la CIA mais utilisée par l'administration Bush, n'a pas eu lieu.
New York de notre correspondant
Pour la première fois, la Maison Blanche a reconnu, mardi 8 juillet, que des informations utilisées pour justifier la guerre contre l'Irak étaient inexactes. "Nous savons maintenant que des documents décrivant une transaction d'uranium entre l'Irak et le Niger étaient faux", a déclaré Michael Anton, porte-parole du président.
Le 28 janvier, lors de son discours sur l'état de l'Union, George Bush avait, devant le Congrès, accusé Bagdad d'avoir relancé son programme nucléaire. "Le gouvernement britannique a appris que Saddam Hussein a récemment cherché d'importantes quantités d'uranium en Afrique", avait-il déclaré. Le même mois, Donald Rumsfeld, le secrétaire à la défense, et Condoleezza Rice, la conseillère à la sécurité nationale, reprenaient l'argument. Il figure aussi dans un résumé des accusations américaines contre l'Irak publié au même moment par le département d'Etat.
"Il s'agit d'un aveu très important", a déclaré, mardi soir, Tom Daschle le numéro un démocrate au Sénat. "C'est la reconnaissance que de fausses informations nous ont été données. Il s'agit d'une raison supplémentaire pour qu'une enquête sur l'ensemble des faits soit lancée", a-t-il ajouté. "La crédibilité de George Bush est de plus en plus mise en cause", a affirmé le sénateur Bob Graham, candidat à l'investiture démocrate à la présidentielle.
L'affaire de l'uranium est, de loin, celle qui a provoqué les débats les plus vifs aux Etats-Unis. Elle a conduit, il y a un mois, à une passe d'armes sans précédent, par médias interposés, entre la CIA et la Maison Blanche, qui se sont rejeté la responsabilité de l'utilisation de l'information.
POSITION INTENABLE
Le renseignement a émané, à la fin de l'année 2001, des services secrets italiens et a suivi le parcours des milliers de documents échangés en permanence par les services secrets occidentaux. Il est apparu pour la première fois publiquement dans un rapport sur les armes irakiennes remis, le 24 septembre 2002, par le premier ministre anglais Tony Blair. Dès février 2002, onze mois avant le discours sur l'état de l'Union, la CIA savait qu'il était douteux et l'agence affirme avoir fait part de ses soupçons, ce que la Maison Blanche conteste. "Peut-être quelqu'un, au cÅur de l'agence, était-il au courant, mais personne, à notre niveau, ne soupçonnait qu'il s'agissait de faux le 28 janvier", a affirmé Condoleezza Rice sur la chaîne de télévision NBC le 8 juin.
La position de la Maison Blanche est devenue intenable après les révélations de Joseph Wilson, ancien ambassadeur américain au Gabon sous la présidence de George Bush père. M. Wilson a été envoyé au Niger en février 2002, par la CIA, afin de vérifier que ce pays avait été approché, en 2000, pour vendre de l'oxyde d'uranium à Bagdad. "Il ne m'a pas fallu beaucoup de temps pour me rendre compte qu'il était hautement improbable qu'une telle transaction ait jamais eu lieu", écrivait-il dans un article publié, le 6 juillet, par le New York Times.
BEAUCOUP DE QUESTIONS
Le diplomate a rencontré le président du Niger et plusieurs membres de l'administration dont certains furent prétendument associés à la vente. Les preuves, notamment des lettres entre agents irakiens et membres du gouvernement du Niger, ont été grossièrement fabriquées, les noms et les dates ne correspondant pas. Selon M. Wilson, l'administration était informée au plus haut niveau de ces doutes, y compris le cabinet du vice-président Dick Cheney. "De deux choses l'une, ou le gouvernement dispose d'informations qu'il n'a pas partagées avec le public ou, il a sélectionné des faits et des renseignements afin de soutenir une décision qui avait déjà été prise, celle de faire la guerre", explique-t-il.
Il reste encore, dans cette affaire, beaucoup plus de questions que de réponses. Comment se fait-il que les doutes sur l'information ne soient pas parvenus jusqu'au cabinet du président et aux auteurs de son discours sur l'état de l'Union ? A peine quelques jours plus tard, Colin Powell, le secrétaire d'Etat, a en tout cas refusé de l'utiliser lors de sa présentation du 5 février devant le Conseil de sécurité de l'ONU.
Enfin, qui a fabriqué les fausses preuves, et pourquoi ?
Eric Leser
...In fact, at one point they had so many french soldiers that Rommel was getting frustrated because it slowed him down...he estimates he had at least 2 french divisions in tow!!!!!...but the best part of the book is when they recount how as the german army came through, the FRENCH POLICE were actually directing traffic so as to accommodate their presence......You are right, we cannot read the language of the cowardly french...i guess its our loss